Environnement – Exposée à l’ozone, notre peau dégage des nanoparticules

Fribourg/Lausanne (ats) – Une équipe internationale avec participation de l’EPFL a découvert que l’ozone réagit avec les lipides de la peau. Cela génère des nanoparticules dont les effets sur la santé sont encore inconnus.

On sait que l’être humain émet des particules à travers la peau, l’habillement ou encore les activités respiratoires. Mais ces particules sont en général de la taille d’un micromètre ou davantage, a indiqué mardi le Smart Living Lab de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) à Fribourg dans un communiqué.

« Nous avons découvert un nouveau mécanisme de production de particules, complètement inédit, dans une dimension bien inférieure, de l’ordre de quelques nanomètres », indique Dusan Licina, professeur au Laboratoire de l’environnement construit orienté sur l’humain de l’EPFL, cité dans le communiqué.

L’âge et l’habillement jouent un rôle

Si l’ozone est précieux dans la stratosphère pour nous protéger des rayons UV, dans la couche basse de l’atmosphère, il peut, à une certaine concentration, devenir toxique pour le monde vivant. Près du sol, il est produit notamment en été en cas de rayonnement solaire intense ou de la présence de gaz d’échappement.

A l’extérieur comme à l’intérieur, l’ozone est à l’origine de la formation de nanoparticules (des « nanoclusters d’aérosols ») en présence de différents polluants. Les auteurs se sont intéressés à ce qui se passe à l’intérieur, où nous passons l’essentiel de notre temps.

Les scientifiques ont mené leurs expériences avec des volontaires dans une chambre climatique, une pièce de 22,5 m3 en acier inoxydable dans laquelle les paramètres climatiques peuvent être contrôlés.

Ils ont ainsi pu étudier les effets de différentes variables – la température, l’humidité et les niveaux d’ozone – sur la production de nanoclusters d’aérosols d’origine humaine ainsi que la présence d’autres composés chimiques.

Les chercheurs ont également étudié l’importance de l’âge des occupants et du type de vêtements portés. Ils ont ainsi constaté qu’à concentrations d’ozone constantes, les taux d’émission de nanoclusters étaient plus élevés lorsque la surface de la peau exposée était plus grande, et que les adolescents en émettaient davantage que les personnes âgées et les jeunes adultes.

Effets encore inconnus

On ignore pour l’heure si ces aérosols ont une influence sur la santé. Les auteurs soulignent toutefois qu’ils peuvent se transformer en particules plus grosses liées à des problèmes de santé en raison de leur pénétration profonde dans le poumon humain et même de leur transport neuronal vers le cerveau.

C’est suffisant selon eux pour justifier de poursuivre des recherches dans ce domaine. Il serait ainsi intéressant de savoir si les habitudes d’hygiène et l’utilisation de produits d’hygiène corporelle jouent un rôle, conclut l’EPFL. Des chercheurs danois, allemands et suédois ont également contribué à cette étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology.